capitalismenom masculin Cet article fait partie du DOSSIER consa


IntroductionFréquemment utilisé par les historiens, les économistes ou les sociologues, le terme « capitalisme » est entré dans le vocabulaire courant. Pour les historiens, notamment ceux qui étudient l'économie, le capitalisme désigne le type d'organisation des économies occidentales tel qu'il s'est progressivement installé dès la fin du Moyen Âge et qui connaîtra son apogée avec la révolution industrielle amorcée vers la fin du XVIIIe s. Les économistes, quant à eux, évoquent le « capitalisme » ou le « système capitaliste » comme un ensemble d'éléments solidaires dont les relations permettent la production, la répartition et la consommation des richesses indispensables à la vie d'une collectivité humaine. Les sociologues s'intéressent, eux aussi, au capitalisme et font ressortir les systèmes d'idées qui ont pu permettre son apparition, de même que les rapports sociaux qui en sont le produit. Le capitalisme est à la fois un système économique, mais aussi un type d'organisation sociale.Qu'est-ce que le capitalisme ?IntroductionLe capitalisme est un système composé de plusieurs éléments. L'ensemble des auteurs s'accordent à le définir à partir des caractéristiques suivantes : le capitalisme repose sur la propriété privée des moyens de production, la division du travail, l'existence d'un marché qui permet la régulation de l'activité économique, l'objectif d'un profit individuel pour les propriétaires du capital et la séparation entre le capital et le travail. Il convient également d'ajouter un certain état d'esprit, la présence de certaines représentations collectives qui sont inséparables du système capitaliste.Le capitalisme est fondé sur la propriété privée des moyens de productionCette caractéristique est la plus souvent évoquée pour définir le capitalisme. On entend par moyens de production tout ce qui permet de produire, c'est-à-dire les terres, les bâtiments, les machines ou les outils qui, exploités par le travail de l'homme, aboutissent à la réalisation des biens et des services qui permettent la consommation, et donc la survie, des populations. L'histoire de la propriété est aussi vieille que l'histoire de l'homme. C'est souvent une histoire controversée, notamment entre ceux qui possèdent les instruments de production et ceux qui ne les possèdent pas. L'un des premiers à défendre la propriété privée est le philosophe grec Aristote (384-322 avant J.-C.). Ce dernier considère que la propriété est un des plaisirs de la vie et que l'homme se soucie plus de ce qui lui appartient en propre que de ce qui appartient à tout le monde. Saint Thomas d'Aquin, dans la Somme théologique, synthèse de la pensée aristotélicienne et de la pensée chrétienne, reprend la même idée mais en préconisant la charité auprès de ceux qui sont dans le besoin. Le développement des villes, de l'artisanat, l'apparition de la bourgeoisie sont liés à l'existence de la propriété. Les révolutions libérales de la fin du XVIIIe s., notamment la Révolution française de 1789, consolideront le rôle de la propriété privée. L'article 17 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen (26 août 1789) stipule que la propriété est un droit inviolable et sacré.L'économie capitaliste repose sur la division du travailLa répartition des tâches n'est pas spécifique des sociétés capitalistes, néanmoins la division des rôles productifs y est plus développée que dans le cadre des systèmes économiques antérieurs. Les sociétés rurales, qui ont précédé l'instauration du capitalisme industriel, étaient marquées par une faible différenciation entre les fonctions de chacun. Le travail de la terre, le temps des moissons supposaient la collaboration d'un grand nombre d'hommes, de femmes, d'enfants sans réelles spécialisations professionnelles. C'est le philosophe et économiste Karl Marx (1818-1883) qui s'est montré le plus virulent à l'endroit du capitalisme. Dans de nombreux ouvrages, en particulier le Capital (1867), il condamne, sans circonstances atténuantes, le capitalisme. Sur le marché du travail, les propriétaires des moyens de production, c'est-à-dire la bourgeoisie capitaliste, achète la force de travail à un prix, le salaire, qui s'avère inférieur à la valeur créée par les ouvriers. Cette différence entre le salaire payé à l'ouvrier et la valeur qu'il peut produire constitue ce que Marx appelle la « plus-value ». Il s'agit d'un surtravail qui caractérise l'exploitation par la classe dominante, celle des propriétaires, de la classe des ouvriers. Pour Marx, le capitalisme n'est rien d'autre que la domination des forces du capital sur les forces du travail. Il appelle de tous ses vœux le déclenchement d'un processus révolutionnaire qui renversera la bourgeoisie en supprimant la propriété privée des moyens de production. La classe ouvrière, une fois parvenue au pouvoir, prendra en main la conduite de l'économie et permettra l'instauration du socialisme.L'analyse marxiste a été renouvelée, au début du XIXe s., par plusieurs auteurs, tels Rosa Luxemburg (1870-1919) et Lénine (1870-1924). Ce dernier, dans l'Impérialisme, stade suprême du capitalisme (1916), montre que la collusion du capitalisme industriel et financier, appuyé par les gouvernements des pays riches, se traduit par l'exploitation des populations des pays pauvres. Le capitalisme serait alors un système d'exploitation à l'échelle planétaire.Keynes et les keynésiens ne remettent pas en cause la propriété privée ni le marché comme instrument de régulation de l'activité économique. Néanmoins, en période de crise, à partir du moment où le chômage augmente, ils estiment nécessaire que l'État intervienne par des politiques économiques adaptées. Une relance de l'activité générée par des augmentations de salaires ou des investissements publics sous forme de grands travaux peuvent redonner une nouvelle vigueur à l'économie en dehors de la simple régulation par le marché. L'objectif de ces politiques interventionnistes est déterminé par la recherche de la croissance la plus élevée possible, le plein-emploi et la stabilité de la monnaie et des échanges extérieurs.Les économistes qui adhèrent au courant libéral défendent le capitalisme, qui leur semble le système le mieux adapté à l'efficacité optimale de l'économie. La juxtaposition de l'initiative individuelle et de la propriété privée de l'entreprise, l'équilibre de l'offre et de la demande sur le marché des biens et des services ainsi qu'un État minimal leur semblent un gage de progrès économique et social. Quant aux éventuels déséquilibres comme le chômage, ils tendent, selon eux, à disparaître d'eux-mêmes à la seule condition que l'État n'intervienne pas par des politiques aussi inutiles qu'intempestives.
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