concentration

nom féminin

Cet article fait partie du DOSSIER consacré à la Seconde Guerre mondiale.

Action de concentrer, fait de se rassembler, de se réunir ; état de ce qui est ainsi réuni : La concentration de la population dans les villes. La concentration de tous les pouvoirs en un seul homme.
Action de faire porter toute son attention sur un même objet : Son manque de concentration lui a fait faire plusieurs erreurs.
Regroupement de deux ou plusieurs entreprises ayant une logique industrielle, commerciale ou financière (par fusion, absorption, apport partiel d'actifs ou prises de participation) afin de constituer un ensemble plus vaste (un groupe).
Synonyme de aloi.
Camp de concentration, camp dans lequel sont rassemblés, sous la surveillance de l'armée ou de la police, soit des populations civiles de nationalité ennemie, soit des minorités ethniques ou religieuses, soit des prisonniers de droit commun ou des détenus politiques.Agroalimentaire Opération permettant l'élimination partielle d'eau d'une solution soit avant une autre transformation (fabrication de poudre de lait, cristallisation du sucre), soit pour réduire le volume d'un liquide.Chimie Action d'augmenter la richesse d'un mélange en une substance déterminée, par l'élimination de liquides moins denses, d'impuretés ou de corps étrangers. Masse d'un corps dissous dans l'unité de volume de la solution. Concentration moléculaire (ou molaire), nombre de moles du corps par unité de volume (litre) de solution.Médecine Concentration corpusculaire moyenne en hémoglobine, quantité d'hémoglobine (en g) contenue dans 100 ml de globules rouges et qui permet d'apprécier la chromie.Militaire Autrefois, opération consistant à rassembler les grandes unités, mises sur pied à la mobilisation, en des emplacements prévus à l'avance, avant de les engager au combat. Concentration de feux, concentration des tirs sur un même objectif pour le détruire ou le neutraliser.Mines Traitement du minerai brut pour l'obtention de concentrés riches à teneur marchande. (Les procédés employés sont de nature physique [électrique, magnétique, mécanique…] ou physico-chimique [flottation, hydrométallurgie…].)Nucléaire Concentration maximale admissible (C.M.A.), concentration d'un radioélément donné dans l'air inhalé ou dans l'eau de boisson, qui, supposée constante, entraînerait en trois mois la pénétration dans l'appareil respiratoire ou dans l'appareil digestif de la dose trimestrielle limite. (Elle se mesure en curies [ou becquerels] par mètre cube.)Télévision Réduction des dimensions de la surface d'impact du faisceau d'électrons sur l'écran d'un tube cathodique ou d'un tube image, de façon à assurer une bonne reproduction des détails de l'image. (Synonyme : focalisation.)

ÉCONOMIELa concentration verticale consiste, pour une entreprise, à prendre le contrôle – par des prises de participation – des stades successifs concourant à l'élaboration d'un même produit avec à terme la constitution de filières, soit vers l'amont (contrôle des matières premières et des premiers stades de l'élaboration du produit), soit vers l'aval (intégration d'unités achevant et distribuant le produit). La concentration horizontale tend à réunir, au terme notamment de fusions, des unités participant au même stade de la production d'un même bien, ou des unités s'adonnant à des productions de biens différents mais remplissant une même fonction économique, ou encore tend à réaliser une politique de diversification, en réunissant des unités produisant des biens totalement différents (conglomérats).[→ cartel, groupe, holding, multinationale, trust.]

HISTOIRELes camps de concentration allemands se distinguent des autres formes d'internement, même arbitraires ou politiques comme les goulags, par les objectifs poursuivis, que l'écrivain italien lui-même déporté Primo Levi résume ainsi : « … à l'antique objectif visant à éliminer ou à terroriser l'adversaire politique, ils ont adjoint un objectif moderne et monstrueux, celui de rayer de la surface du globe des peuples entiers avec leurs cultures. […] En général, on entrait dans les camps de concentration allemands pour ne plus en sortir: il n'y était prévu d'autre issue que la mort. »Camps de concentration nazisDès l'arrivée au pouvoir du parti nazi, la SA (Sturmabteilung, section d'assaut) et la Gestapo (Geheime Staatspolizei, police secrète d'État) ouvrent une multitude de petits camps sauvages, qui ne dépassent jamais le millier de détenus, où elles internent sans procédure judiciaire les opposants avérés ou potentiels au nazisme. Dès 1934, la Gestapo, en Prusse d'abord, puis dans les autres États du Reich, se préoccupe d'étatiser les camps d'internement qui ont proliféré et de mettre de l'ordre dans le système. Le modèle est le camp de Dachau, ouvert non loin de Munich par Himmler et Heydrich en mars 1933. Peu à peu, les premiers camps sont dissous, et leur population transférée dans de vastes Konzentrationslager (abrégé officiellement en KL). Avant le déclenchement de la guerre sont ouverts les grands KL de Sachsenhausen (1936), non loin de Berlin, de Buchenwald (1937), près de Weimar, et de Ravensbrück (1939), destiné aux femmes. Après le rattachement de l'Autriche à l'Allemagne, le camp de Mauthausen est ouvert près de Linz en Autriche. Chaque KL est doté d'un vaste réseau de camps satellites, les Kommandos extérieurs, qui tissent un maillage serré sur tout le territoire du Reich.Ces camps sont destinés à rééduquer des condamnés de droit commun, mais surtout des Allemands antinazis : communistes et socio-démocrates (internés sans jugement en vertu du « décret pour la protection du peuple et de l'État » édicté par Hindenburg, le 28 février 1933, au lendemain de l'incendie du Reichstag) mais aussi juifs, catholiques, protestants. Les politiques portent un triangle rouge cousu sur leur uniforme. S'y ajoutent, dotés d'un triangle violet, les Bibelforscher, les Témoins de Jéhovah, qui refusent le service militaire. Les conditions de vie dans les camps doivent rester secrètes. L'objectif est de terroriser non seulement les adversaires politiques du nazisme mais la société tout entière. À partir de 1937, une nouvelle catégorie, internée cette fois par la police criminelle, fait son entrée dans les camps. Ce sont les « droit commun », les triangles verts, auxquels s'ajoutent l'année suivante les « asociaux », signalés, eux, par des triangles noirs : vagabonds, mendiants, souteneurs… Les homosexuels portent un triangle rose ; les tsiganes en ont un marron ; les juifs portent un triangle jaune sur lequel peut s'ajouter un triangle d'une autre couleur s'ils sont considérés comme politiques, asociaux ou émigrés (triangle bleu). La garde de ces camps est confiée bientôt aux SS (Schutz Staffel, police militarisée du parti nazi, placée sous la direction de Himmler), et, à partir de 1938, seule la Gestapo a la faculté de décider les internements.L'objectif de la SS est d'obtenir la déshumanisation totale du détenu. Dès son arrivée au camp, il est dépouillé de ses effets personnels, plongé dans un bain désinfectant, rasé sur tout le corps et doté d'un uniforme rayé, portant le triangle indiquant sa catégorie, ainsi que d'un numéro d'immatriculation qui remplace son nom ; à Auschwitz, le numéro est tatoué sur l'avant-bras gauche. Logeant dans des baraques surpeuplées, les blocks, il est réveillé à trois heures du matin, subit durant des heures des appels exténuants et, à peine nourri, doit rejoindre son Kommando. Le détenu travaille au fonctionnement du camp, dans les entreprises de la SS, ou pour la grande industrie allemande (IG Farben, Heinkel…).Avec la guerre et l'occupation d'une partie de l'Europe par la Wehrmacht, le système concentrationnaire nazi s'internationalise. Les camps se multiplient, où s'entassent Polonais, prisonniers de guerre russes non protégés par la Convention de Genève que l'U.R.S.S. n'a pas signée, résistants de toutes les nations occupées, déportés en application de l'ordonnance « Nacht und Nebel » (Nuit et brouillard). Ces concentrations de masse ont pour but non seulement d'interner des adversaires, mais surtout de fournir à l'économie allemande une main-d'œuvre, corvéable à merci et jusqu'à l'épuisement. À partir de février 1942, avec la « guerre totale », la population concentrationnaire est mise au service de l'industrie de guerre. Les SS qui assurent l'encadrement des camps ne sont guère nombreux ; aussi s'appuient-ils sur les kapos, chefs de block redoutés qui sont choisis d'abord parmi les détenus de droit commun, puis, au fur et à mesure que la défaite allemande se dessine, parmi les politiques. La mortalité est effrayante : de 25 à 55 % selon les camps.On estime actuellement que, entre 1939 et 1945, 1 650 000 personnes ont été déportées dans une douzaine de grands camps, répartis en Allemagne, en Pologne mais aussi en Autriche, en Bohême, en Alsace et dans les pays Baltes : Bergen-Belsen, Buchenwald, Dachau, Dora-Mittelbau, Flossenbürg, Gross-Rosen, Mauthausen, Neuengamme, Oranienburg-Sachsenhausen, Ravensbrück, Struthof, Stutthof, Theresienstadt.À cette « extermination par le travail » s'ajoute l'élimination systématique de groupes humains qualifiés de « races inférieures » : juifs, slaves, tsiganes. Le terme hébreu de « Shoah » (anéantissement) désigne aujourd'hui l'extermination des juifs. L'année 1941 voit la création des camps d'extermination, uniquement destinés à éliminer physiquement et massivement ces populations. Au nombre de six, ils sont tous situés en territoire polonais : Bełżec, Chełmno, Sobibór, Treblinka ainsi qu'Auschwitz-Birkenau et Majdanek, créés comme camps de concentration et transformés en camps d'extermination. La population déportée sert également de cobayes aux « expériences médicales » des médecins SS, sur le typhus, la stérilisation ou la résistance aux basses températures, par exemple. En effet, les nazis ont édicté le principe de « la vie indigne d'être vécue » au nom duquel ils ont fait procéder à des stérilisations coercitives et au meurtre d'enfants et d'adultes aliénés. Les centres d'euthanasie, comme le château de Hartheim, servent pendant la guerre à gazer des détenus jugés « inaptes au travail », donc « indignes de vivre » la pauvre vie qui est la leur au camp.Dès 1942, les Alliés reçoivent des informations sur les massacres de juifs et sur l'existence de chambres à gaz, notamment par les émissaires du gouvernement polonais en exil à Londres. En avril 1944, alors que commence la déportation de plus de 300 000 juifs hongrois, deux Slovaques, Vrba et Wetzel, évadés d'Auschwitz, produisent un rapport décrivant avec une grande précision ce qui se passe à Auschwitz. Pourtant, hors la décision rendue publique de juger après la victoire les responsables des crimes, les Alliés n'interviennent pas. Donnant constamment la priorité aux objectifs militaires, ils ne cherchent pas, par exemple, à faire sortir des juifs des territoires occupés par les Allemands.Les camps de concentration et d'extermination nazis constituent l'application la plus effroyable d'un système lié à une conception raciste et politique relevant d'une idéologie totalitaire. Selon Eugen Kogon (l'État SS), de 1933 à 1945, l'effectif concentrationnaire aurait atteint le chiffre total d'au moins 10 à 12 millions. On estime que près de 6 millions de juifs y ont trouvé la mort, ainsi que 800 000 détenus d'autres catégories auxquels il faut ajouter 300 000 morts lors des terribles évacuations de janvier à avril 1945, quand le Reich s'effondre sous les coups des armées alliées. Les Polonais forment avec les Soviétiques les groupes les plus nombreux.Les survivants des camps ont abondamment témoigné, rédigeant notamment de très nombreux récits. Très vite pourtant, ils se sont heurtés à la surdité du monde et ont dû vivre sans pouvoir communiquer l'effroyable souffrance qui fut la leur.Cependant, les Alliés avaient pris conscience de la spécificité absolue du génocide des juifs et décidé de juger les responsables en créant la catégorie inédite du « crime contre l'humanité ». Le procès de Nuremberg, qui se déroula d'octobre 1945 à octobre 1946, voulut ainsi être à la fois œuvre de justice, d'histoire et de mémoire.La mémoire s'exprime par de nombreux vecteurs : les mémoriaux, comme celui de la rue Geoffroy-l'Asnier à Paris ou le Monument du ghetto de Varsovie dédié au peuple juif ; le cinéma, avec, pour les camps de concentration, le moyen métrage d'Alain Resnais et Jean Cayrol, Nuit et Brouillard, et, pour le génocide, Shoah de Claude Lanzmann. L'univers concentrationnaire est aussi à l'origine d'œuvres littéraires importantes, comme celles de David Rousset les Jours de notre mort, de Robert Antelme l'Espèce humaine, de Primo Levi Si c'est un homme, d'Elie Wiesel les Juifs du silence.Camps de concentration en U.R.S.S→ Goulag
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